La maison hantée de Vailhauquès

L’affaire de la maison hantée de Vailhauquès, petit village tranquille des Cévennes,  constitue une des affaires majeures du paranormal en France. Elle est exemplaire à plus d’un titre. Par l’attitude des médias, qui ont couvert l’événement sans prudence, se laissant aller à quelques titres accrocheurs, certes, mais jouant sur les vieux ressorts de l’irrationnel. Par les interventions des différents enquêteurs, qui ont pu mener des investigations diverses.

Mais cette affaire est surtout exemplaire par le débat qu’elle a suscité, et suscite encore, entre sceptiques et tenants du paranormal.

L’affaire de Vailhauquès débute un soir du mois de novembre 1987, lorsque madame B., propriétaire des lieux, entend des bruits sourds dans sa maison. Ne s’inquiétant pas, elle préfère n’en parler à personne. Pourtant, les bruits se répètent, et tous les habitants se mettent à les entendre. Ils apparaissent seulement la nuit. Voici comment les décrit le propriétaire des lieux :

“Ces bruits sont très sourds au départ (que nous situons dans le garage), ils arrivent progressivement, s’amplifient dans l’appartement. Cela peut ressembler à la dilatation d’une cuve en métal ou bien à une dalle de ciment qui tomberait sur le plancher ou bien encore le bruit d’une portière. Quelquefois, la force et la résonance sont invivables.”

La maison hantée de Vailhauquès
La véritable maison hantée de Vailhauquès

Un possible Poltergeist

Et pour ajouter au mystère, il est impossible de localiser la source du bruit. Cependant, les gendarmes présents sur les lieux la nuit du 16 au 17 janvier, si ils confirment la résonance métallique des coups rapportés par de nombreux témoins, indiquent le coté Nord-Est de la bâtisse comme “source” possible. Les nuits de la famille se transforment en cauchemar. Et s’il s’agissait d’un esprit frappeur, aussi appelé Poltergeist..

Entre novembre et février, quasiment toutes les nuits sont marquées par le phénomène. Entre le 7 décembre 1987 et le 21 janvier 1988, seules 7 nuits resteront calmes. Le record sera de 113 coups pour la seule nuit du 23 au 24 janvier ! Le phénomène est “répétitif” et s’est manifesté à “des heures irrégulières la nuit pendant les premières semaines avant de devenir plus irrégulier”.

L’aide d’Yves Lignon, parapsychologue

Avec l’accord des propriétaires, la gendarmerie contacte le 19 janvier Yves Lignon et son “Laboratoire de parapsychologie”. Cet enseignant toulousain se rend sur les lieux le 30 janvier, accompagné de 2 collaborateurs. Ils recueillent les témoignages des habitants, se livrent à différents tests. De plus, ils sont témoins de quatre coups que leur appareillage ne leur permet pas d’enregistrer avec une qualité satisfaisante. Le matériel rassemblé permet néanmoins à l’équipe toulousaine d’être très claire :

“Il s’agit d’un phénomène naturel de type psycho-kinése (action de la pensée sur la matière). Ce phénomène assez rare en parapsychologie est provoqué inconsciemment par les occupants de la maison à la suite d’une brusque décharge émotionnelle consécutive à un conflit avec le voisinage.”

Yves Lignon, célèbre parapsychologue
Yves Lignon, célèbre parapsychologue

La venue de Yves Lignon, et ses conclusions, ont en tous cas donné une ampleur nationale à cette affaire. Elle dépasse désormais le cadre de la presse régionale, qui présente Lignon comme la clé du mystère. Les principales chaînes de télés dépêcheront des envoyés spéciaux. Des magnétiseurs, radiesthésistes, médiums, voyants, exorcistes amateurs rôdent autour de la maison qui devient un lieu touristique pour les promeneurs du dimanche.

Après des mois d’investigations, le rapport de conclura :

“Des diverses investigations entreprises par les différents organismes qui se sont rendus sur place, la thèse du phénomène naturel à caractère hydrologique semble être la plus probable.”

Haunted house
Illustration de maison hantée

Et aujourd’hui ?

Deux ans après, les propriétaires déménagent, laissant la place aux propriétaires actuels. Ils n’ont jamais entendu de bruits similaires, cette histoire les amuse beaucoup, et ils sont ravis de vivre dans cette demeure.

Si la disparition des bruits marquait la fin de cinq mois terribles pour les propriétaires, cette affaire allait laisser la place à une controverse qui dure encore aujourd’hui…

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