Le Pizzagate est une théorie conspirationniste prétendant qu’il existe un réseau pédophile dirigé par des proches d’Hillary Clinton dans les sous-sols d’une pizzeria appelée “Comet Ping Pong” de Washington. Une théorie folle qui va se développer en un temps record sur le web à la fin de la campagne présidentielle américaine. Cette rumeur va avoir des répercussions bien réelles.

Le trafic d’enfants, une réalité bien cachée

Il faut savoir que le trafic d’enfants est quelque chose de bien ancré dans notre société mais dont on entend pas parler, et pour cause.. Mais le trafic d’enfants à but d’exploitation sexuelle est un très gros fardeau pour notre société et touche tous les pays de notre monde.

Par exemple sur le darkweb ou deepweb, plusieurs enfants sont échangés chaque jour contre de l’argent. Cette partie de l’internet, la plupart des personnes l’ignorent mais cela existe bel et bien, et souvent les malfaiteurs agissent en toute impunité.

Et que penser des centaines de disparitions d’enfants ? Et si jamais certains d’entre eux auraient été enlevés afin de servir un réseau de trafic d’enfants, à l’autre bout de la planète ? On peut tout imaginer.

Je vous propose de visionner le discours très fort de l’acteur Ashton Kutcher devant le Sénat américain contre le trafic sexuel des enfants :

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Le Comet Pizza, le début du Pizzagate

Pour faire simple les partisans du soi-disant pizzagate sont persuadés que le restaurant est une couverture derrière laquelle opère un vaste réseau pédophile sataniste, dont les principaux bénéficiaires seraient les cadres du Parti démocrate et le cerveau John Podesta, le directeur de campagne d’Hillary Clinton.

La théorie émerge quelques jours avant l’élection présidentielle. Sur les forums de discussions 4chan, chaudron où se cuisine régulièrement ce que le Web a de pire à offrir, les trolls pro-Trump épluchent les mails hackés de John Podesta, divulgués par Wikileaks en octobre. Dans le tas, une série de messages échangés entre Podesta et Alefantis évoque une soirée de levée de fonds et une commande de pizza. Plusieurs membres de 4chan s’imaginent alors que le mot «pizza» est un code pour «pédophilie» ou bien «prostituée mineure» selon les versions.

Ils tissent des liens imaginaires avec d’autres théories populaires sur les réseaux d’extrême droite, faisant état d’une «secte satanique» dont Hillary Clinton et Podesta seraient les gourous (pendant la campagne, Barack Obama avait ironisé sur ces accusations démoniaques en se reniflant pour prouver qu’il ne sentait pas le souffre). Ainsi, à partir des révélations de Wikileaks, l’évocation d’un dîner chez l’artiste serbe Marina Abramovic, mondialement connue pour ses performances provocatrices, s’est transformée en sanglant rituel luciférien sur les sites complotistes.

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Élucubrations à partir de photos Instagram 

La rumeur grossit et débarque sur Reddit et notamment la communauté The_Donald, forte de dizaines de milliers de membres et liée à l’«alt-right», une mouvance d’extrême droite avide d’intox anti-Clinton et de montages parodiques racistes. Ces derniers fouillent les comptes Instagram et Facebook liés au restaurant, y compris ceux des clients réguliers. Parmi les banales photos, ils trouvent des «preuves» partout: une enfant jouant avec du scotch sur une table devient une victime ligotée, les tableaux modernistes du restaurant seraient en fait des codes dignes du Da Vinci Code.

Ces élucubrations sont ensuite reprises sur les sites conspirationnistes populaires comme Vigilant Citizens, qui évoque «un réseau de trafic d’enfants pour les élites» et Infowars, dont Donald Trump relaie régulièrement les «fake news», à commencer par les millions d’électeurs illégaux (et imaginaires) d’Hillary Clinton.

Au bout de quelques jours, des manifestants se pressent devant la pizzeria. James Alefantis, proche de Podesta mais qui n’a jamais rencontré en personne Hillary Clinton, tente de tuer la rumeur en répondant à leurs questions, alors que les partisans du pizzagate le filment (la vidéo a ensuite été postée sur YouTube, en tant que nouvelle «preuve» ajoutée au dossier).  

Tunnels imaginaires 

Peine perdue: «Ils ignorent les faits basiques», se lamente Alefantis à la BBC. Par exemple, les viols auraient lieu dans la cave du restaurant, alors que la pizzeria n’a pas de sous-sol. En revanche, le fait que le nom James Alefantis évoque très vaguement la phrase française «j’aime les enfants» est un argument irréfutable pour les complotistes, qui invoquent l’affaire Jimmy Savile au Royaume-Uni, bien réelle celle-là, en réponse aux sceptiques.

Les employés de l’établissement sont harcelés d’appels: «Des gens nous prévenaient qu’ils allaient venir s’occuper de nous ou nous disaient de révéler où étaient les tunnels», raconte Alefantis à l’AFP.

Je vous propose de visionner une vidéo de la célèbre Youtubeuse Victoria Charlton sur ce sujet. Ses explications sont très claires et elle entre bien dans le détail de cette affaire. Je vous l’affiche ci-dessous :

Les désintox des médias sur l’affaire Clinton

Malgré les «désintox» des plus grands médias, de la BBC au New York Times, la polémique n’a fait qu’enfler, jusqu’à la frayeur de dimanche. Le soir même, Michael Flynn Jr., le fils du futur conseiller à la sécurité nationale à la Maison Blanche, tweete : «Jusqu’à ce que le pizzagate soit prouvé faux, ça reste une info. La gauche semble oublier les mails de Podesta et les nombreuses “coïncidences” qui s’y trouvent.» 

Et un journaliste du New Yorker de rappeler que le soir de sa victoire, Donald Trump aurait appelé Alex Jones, l’homme derrière le site Infowars, pour le remercier de son aide. Le camp Trump ne l’a jamais nié. [Source]

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