Cette force intervient souvent dans notre vie. Qu’elle soit bonne ou mauvaise, elle peut changer notre vie à tout jamais. Mais comment cette dernière fonctionne-t-elle ? Est-ce vraiment la chance ou la force du destin ? Les scientifiques s’arrachent les cheveux sur ce mystère qui remonte à la nuit des temps.
Alors que certains arrivent à gagner plusieurs fois à la loterie, d’autres sont malchanceux sans aucune raison apparente…

La chance existe t-elle vraiment ?

La chance existe-t-elle ? Selon le site Psychologies.com, quand bien même elle ne serait qu’une manière d’interpréter le hasard ou de poser un regard optimiste sur le monde, croire en elle nous est nécessaire. Pour avoir foi en l’existence d’abord, mais aussi pour œuvrer à notre bonne fortune.
“Il existe partout et toujours, de façon inconsciente, une disposition à vivre un miracle”, écrivait Carl Gustav Jung. Et, de fait, les belles histoires existent, tellement inattendues, improbables, extraordinaires, qu’elles semblent avoir été ourdies par le destin.

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Claude Jaffiol, professeur de médecine, aurait dû, avec son épouse, être à bord du vol Rio-Paris qui s’est abîmé en mer en juin 2009. Malgré son insistance et les efforts de l’hôtesse, il n’a pas pu trouver de places. “La providence nous a protégé”, a-t-il déclaré à la presse.
La chance existe-t-elle ou n’est-elle qu’une interprétation de la réalité, lorsque celle-ci dépasse l’entendement, déborde l’émotion ? Car, après tout, Claude Jaffiol n’a jamais été inscrit sur ce vol. En a-t-il donc vraiment réchappé ? La chance relève-t-elle du hasard ou de la fatalité ? Est-elle une expérience purement aléatoire, un heureux accident, ou la manifestation d’un dessein surnaturel, celui de la déesse Fortuna, ou encore l’unus mundus jungien, où s’unifient l’esprit et la matière ? Et surtout, pourquoi avons-nous besoin d’y croire ?

“Nous avons du mal à accepter les coïncidences”

“Nous avons du mal à accepter les coïncidences, reconnaît Dominique Desjeux, professeur d’anthropologie sociale et culturelle à l’Université Paris-Descartes. Nous supportons mal une explication par le hasard. Nous préférons la nécessité : Chercher le destin, la conspiration, le complot, l’intention, bonne ou mauvaise.”
Pourquoi le hasard est-il si difficile à admettre ? Car ce serait “accepter que tout ne soit pas explicable, accepter une certaine dose d’incertitude, de non-maîtrise, donc d’angoisse”, répond-il. Pour limiter celle-ci, il nous faut par conséquent transformer le hasard en destin, donner un sens à l’inexpliqué. Croire en sa bonne étoile est nettement plus rassurant que de vivre dans un monde où tout, le meilleur et surtout le pire, peut survenir sans raison. “Les croyances ne nous sont pas seulement nécessaires pour survivre, mais tout simplement pour commencer à vivre”, écrit Marie-Laure Grivet, psychanalyste.

Pourquoi certains sont plus chanceux que d’autres ?

La psychanalyse nous apprend l’influence de notre histoire personnelle dans les représentations que nous avons de nous-mêmes et de notre existence. Celles-ci ont peu à voir avec la réalité des faits, et davantage avec le socle d’estime de soi et l’optimisme de chacun. On peut ainsi n’avoir pas été épargné par le sort mais s’estimer chanceux.
La psychologie cognitive explique ces différences subjectives au moyen de la “théorie de l’attribution” développée par Bernard Weiner, psychologue américain spécialiste de la motivation. Selon que nous attribuons nos réussites à des causes internes ou à des causes externes, nous sommes plus ou moins portés à la responsabilisation et à la toute-puissance, ou à la passivité et à la superstition.
Chacun de nous recourt, pour justifier ce qui se produit, à des causalités multiples qui rendent les événements plus ou moins maîtrisables.

Pourquoi le hasard est-il si difficile à admettre ?

Ce que Jung nommait la “synchronicité” nous aiderait également à trouver notre voie. Le philosophe Michel Cazenave la définit comme “deux événements que rien ne relie selon la causalité classique et qui, pourtant, en survenant simultanément, créent du sens pour la personne qui en est le sujet”.
“Il est fascinant d’observer comment les gens franchissent les portes de notre existence, comment les livres trouvent leur chemin jusqu’à nous à des moments déterminants”, note le psychologue québécois Jean- François Vézina dans Les Hasards nécessaires. Certaines coïncidences viennent ainsi faire sens pour la psyché, dans la double acception de “signification et d’orientation”. “Elles semblent répondre à un but de l’inconscient sans que celui-ci ait pu le provoquer”, ajoute Michel Cazenave. Elles poussent le sujet à reconsidérer ses choix.
La chance n’est donc pas seulement le fruit du hasard. Elle résulte surtout de la manière dont nous transformons le fortuit en opportunité.

Certains scientifiques pensent qu’il s’agit d’une question de statistiques et de probabilités, d’autres pensent qu’une force supplémentaire est en action. Qu’il s’agisse de coïncidences, de force du destin, de probabilités, de hasard ou simplement de chance, des spécialistes ont essayé de comprendre ces phénomènes et en sont venus à des hypothèses plus différentes les que les autres.

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